Affaire Mohamed Merah: le quotidien Libération a publié de nouveaux extraits de conversations.

«Liberation» a eu accès à l’intégralité de la négociation entre un officier du renseignement intérieur et le tueur au scooter Mohamed Merah, durant le siège de son appartement, le 21 mars à Toulouse. Extraits.

C’est l’intégralité de la transcription des enregistrements entre Mohamed Merah et le négociateur de la police que nous publions en exclusivité sur Liberation.fr aujourd’hui. Les quatre heures d’échanges entre «le tueur au scooter» de Toulouse et l’officier du Renseignement intérieur Hassan trahissent une vraie-fausse empathie ou proximité à prendre avec précaution. Remis aux juges antiterroristes le 5 juillet, le rapport d’expertise de 173 pages sur ces conversations, qui s’étalent entre 7h34 et 22h44 mercredi 21 mars, oscille entre interrogatoire, discussion à bâtons rompus et rapports de force.

Appelé à la rescousse par les policiers du Raid, à la demande de Mohamed Merah retranché dans son appartement depuis un assaut raté à 3h12, le brigadier Hassan cherche à la fois à comprendre ce qui lui a échappé quand il a été enfumé par ce jeune islamiste sur ses voyages, lors de leur rencontre le 14 novembre 2011, et à glaner le maximum de renseignements «opérationnels».

Il attaque par l’Afghanistan :«Vas-y maintenant, tu peux mettre cartes sur table, hein, t’as plus rien à perdre, après l’entretien [le débriefing quatre mois plus tôt, ndlr], maintenant tu me racontes la vérité. Roule.»

Mohamed rit : «Y a pas de problème. Déjà, j’ai été dans plusieurs pays afin de trouver les frères, et quand je les ai trouvés, c’est quand j’ai été au Pakistan, pas avant.

- T’es parti comme ça, d’un coup de tête ou… comment t’as pu avoir le déclic ?

- Déjà, avant que je rentre dans l’islam, je les soutenais ces gens-là, je savais qu’ils étaient dans le vrai.»

Hassan essaye d’obtenir sa reddition. Merah hésite : «J’ai envie de me rendre mais wallah, c’est flou.»

Hassan rétorque : «Avec le Raid, on a été réglo. Ils sont venus me chercher, je suis venu pour toi. Toi, on t’a rencontré, on a tissé des liens. Tu sais, dans la police, y a pas que des connards, on sait être réglo. On est professionnels ici.»

Mohamed ne «craint pas ça» mais les vingt-deux ans de réclusion criminelle qu’il risque, «j’en ai 23, c’est vite calculé, j’en aurai 45» : «Je peux me dire aussi que j’ai rien à perdre. En commençant ces attentats, je savais comment ça allait finir. Soit j’allais être abattu dans la rue ou chez moi.»

Hassan revient à la charge : «Tu veux crever anonyme ou tu veux faire parler comme certains de tes coreligionnaires qui ont fait le jihad et qui une fois arrêtés, grâce au tribunal, ont pu évoquer leurs convictions ? Est-ce que tu veux la gloire et la notoriété et qu’on parle de toi jusqu’à la fin des temps ou est-ce que tu veux y crever comme ça ?»

Merah ne tombe pas dans le panneau : «Je demande à Allah de me préserver de l’ostentation. Je ne fais pas ça pour la gloire, [sinon] toutes mes bonnes actions seraient annulées auprès d’Allah, [qui] n’accepte pas les moudjahidin qui combattent pour leur renommée ou pour le butin. Mon but, c’est pas de marquer l’histoire. J’accomplis mon devoir de musulman.»


Le quotidien Libération publie dans leur quasi intégralité cette conversation à cette adresse.

Libération


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Rédigé par MENATWORK on mardi, juillet 17, 2012. Mots Clés , , , , , , , , . Suivre les commentaires RSS 2.0. Laissez un message

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