Accident mortel du car Belge en Suisse la justice se concentre sur le chauffeur



L'accident d'autocar, le 13 mars, avait tué 28 personnes, dont 22 enfants belges et néerlandais et blessé 24 autres. Le véhicule ramenait des écoliers après un séjour en vacances au ski.


Le groupe d'experts mis sur pied après l'accident de car à Sierre pour examiner la sécurité des niches de secours dans les tunnels devrait rendre ses conclusions d'ici deux à trois semaines. Il attendait notamment la présentation vendredi des premiers résultats de l'enquête par le Ministère public valaisan.

«Nous n'avons pas encore eu accès aux bandes de surveillance vidéo des tunnels», a indiqué vendredi à l'ats le porte-parole de l'Office fédéral de routes (OFROU) Thomas Rohrbach. Cet élément est important pour que le groupe de travail puisse finaliser son rapport, qui fera l'objet d'une publication.

Plusieurs pistes sont explorées pour améliorer la sécurité des niches de secours sur la base de deux concepts: éviter et amortir les chocs. Dans certains tunnels, il pourrait être envisagé de biseauter les niches de secours.

De cette manière, il ne se trouverait plus de paroi perpendiculaire au sens de la circulation. Le Conseil fédéral a toutefois écarté en mai toute généralisation de cette norme, comme c'est le cas en Allemagne où les niches de secours à angle droit sont interdites depuis 2003.

Dangereux pour les voitures

La mesure s'avère salutaire pour les bus et les camions mais peut se révéler dangereuse pour les voitures et les motos. Ces véhicules plus légers risquent d'être projetés de l'autre côté du tunnel par une paroi biseautée.

«C'est toute la difficulté, pour améliorer la sécurité, il faut prendre en compte le tunnel comme un système intégral et pas uniquement maximiser un paramètre», souligne M. Rohrbach. Et celui- ci d'ajouter que bien souvent, un examen au cas par cas est nécessaire, selon la configuration du lieu et les types de véhicules qui y circulent en majorité.

D'autres pistes sont examinées telles que la pose de bandes vibrantes sur la chaussée afin de rendre attentif un conducteur qui s'écarte de sa voie de circulation ou l'installation de dispositifs atténuant un choc frontal.

L'OFROU s'est en outre penché de près sur les pratiques d'autres pays tels que la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche, explique M. Rohrbach. Si la composition du groupe de travail varie quelque peu selon les séances, il comprend notamment des ingénieurs et des statisticiens qui analysent les chiffres des accidents, précise-t-il enfin.
Le parquet a informé dans la matinée les familles des victimes, réunies en un seul lieu en Belgique, sur les résultats de l'enquête trois mois après l'accident, a précisé le procureur suisse chargé de l'enquête, Olivier Elsig, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

«A ce stade, sont exclues les hypothèses de l'intervention d'un véhicule tiers, d'un défaut de la chaussée ou du tunnel, d'une vitesse excessive du bus ou d'un défaut de l'autocar», a détaillé le magistrat suisse.

Chauffeur dans le viseur

«Désormais, les investigations se poursuivent en lien avec le chauffeur» de 34 ans, qui venait de prendre le volant quelques minutes avant l'accident, a-t-il ajouté. Celui-ci est décédé dans l'accident, tout comme le second chauffeur de 52 ans qui l'accompagnait.

Les enquêteurs attendent désormais les résultats des expertises toxicologiques du chauffeur, dont il est déjà connu qu'il n'avait pas bu d'alcool. Elles devraient en principe être connues d'ici à la fin de l'été.

«L'idéal serait d'avoir une cause précise. On ne l'aura peut-être jamais, mais on s'en approche sensiblement», a estimé le procureur.

Accident seconde après seconde

Olivier Elsig a détaillé le déroulement de l'accident tel qu'il a pu être déterminé par les relevés dans le tunnel, les expertises des disques du tachygraphe et du véhicule et par les auditions des enfants survivants. Ceux-ci n'ont toutefois pas pu apporter de précisions sur le comportement des chauffeurs, qui se trouvaient à l'étage inférieur du bus alors que les passagers, eux, étaient tous à l'étage, a-t-il souligné.

Le chef des enquêteurs a expliqué qu'après avoir quitté la station du Val d'Anniviers, le chauffeur le plus âgé avait cédé le volant à son jeune collègue, une fois arrivé dans la plaine.

«Après avoir parcouru 2.222 m en quelque deux minutes, l'accident s'est produit», a dit M. Elsig.

Dans le tunnel, l'autocar roulait à «99-100 km/h», soit exactement la vitesse maximale autorisée, ce qui n'est pas jugé anormal pour un tel véhicule. Le bus a «touché la bordure droite de la chaussée, 75 mètres environ avant l'endroit de la collision, puis il est monté sur la bordure et a poursuivi sa route jusqu'à l'accident, moins de trois secondes plus tard».

Pas de cause technique

«Aucun changement significatif de direction ni aucun freinage n'ont été constatés» jusqu'au choc frontal, qui s'est donc produit à la vitesse de 100 km/h.

Les analyses des roues et pneus, des freins, de la direction, de la suspension et du système d'accélération «n'ont pas révélé de défaut ou de problème d'entretien», a souligné le magistrat. «Ainsi, aucun indice ne postule en faveur d'un défaut technique ou d'entretien qui serait à l'origine ou en lien avec l'accident», a-t-il ajouté.



«La cause de l'accident n'est pas déterminée avec exactitude, nous nous concentrons sur celles qui restent, de plus en plus restreintes», a-t-il dit.

Toutes les hypothèses tournent donc autour du chauffeur: intoxication (drogue), faute d'inattention ou malaise. «On en saura plus quand les rapports des experts médicaux seront connus», a espéré le procureur valaisan.

L'accident de Sierre avait causé une énorme émotion en Suisse, mais aussi en Belgique, en particulier dans les régions de Louvain (centre) et de Lommel (nord-est), d'où les enfants étaient originaires.

Afp

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Rédigé par MENATWORK on vendredi, juin 15, 2012. Mots Clés , , , , , , . Suivre les commentaires RSS 2.0. Laissez un message

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